
Initialement cantonnées au suivi des soins et des remboursements, les données de santé sont devenues un outil essentiel de la recherche en santé publique. Elles permettent aujourd’hui de mieux comprendre les maladies, d’évaluer les traitements ou d’éclairer les décisions de santé à l’échelle de la population. Pour accompagner cette transformation, le master 2 Recherches en Santé Publique de l’Université Paris-Saclay ouvre un cursus « Grandes Bases de Données ». Une formation destinée aux étudiant·es qui souhaitent se spécialiser dans l’analyse des données de santé, à la croisée de l’épidémiologie, des statistiques et de la recherche appliquée.
Un cursus né de l’évolution des données de santé
Le master 2 Recherches en Santé Publique (RSP) s’articule autour de plusieurs cursus complémentaires, parmi lesquels l’épidémiologie, la recherche clinique et l’organisation des systèmes de soins. Le cursus « Grandes Bases de Données » est le plus récent. Il répond à l’évolution des pratiques de recherche et à la place grandissante qu’occupent les données de santé. Les étudiantes et étudiants sont ainsi formés à l’exploitation du Système National des Données de Santé (SNDS), des entrepôts de données hospitaliers et, plus largement, des données de grande dimension. Ces bases de données contiennent en effet l’ensemble des données de remboursements de soins à l’échelle de la France depuis environ 20 ans.
Comment se déroule le cursus « Grandes Bases de Données » ?
Une pédagogie connectée aux pratiques de la recherche
Le cursus s’appuie sur les enseignements en épidémiologie tout en les appliquant aux méthodes d’analyse de données de santé massives.
Les données sont récoltées en routine.
Jérémie Botton, professeur de santé publique
C’est toute la différence avec une étude épidémiologique classique. Les chercheurs ne recrutent pas eux-mêmes les participant·es et ne construisent pas leur cohorte. Ils reconstruisent une étude à partir des données disponibles, et en tenant compte de leurs limites et des informations manquantes, ils peuvent répondre à des questions majeures de santé publique.
Des travaux dirigés au stage
Le cursus est assuré par des chercheurs, enseignants-chercheurs, data managers, épidémiologistes et méthodologistes qui exploitent ces données dans leurs travaux de recherche.
On fait appel à des chercheurs et enseignants-chercheurs qui travaillent sur ces types de données depuis une dizaine d’années.
Jérémie Botton
Les travaux dirigés s’appuient sur des données synthétiques reproduisant la structure du SNDS. Les étudiant·es apprennent ainsi à les explorer, à les analyser dans des conditions proches de celles rencontrées sur le terrain et sont également sensibilisés aux principaux enjeux réglementaires liés à leur exploitation, notamment en matière de confidentialité.
Au second semestre, cette mise en pratique se concrétise avec un stage, généralement réalisé en laboratoires de recherche académique ou dans des structures hospitalières. Une liste de laboratoires est proposée dans le livret de formation, mais d’autres structures peuvent également être retenues si le projet est jugé pertinent.
Des profils variés, une même spécialisation
Le cursus accueille des profils complémentaires. Certains viennent des filières en santé et d’autres sont issus d’écoles d’ingénieurs.
Quels débouchés après le master 2 ?
Les compétences acquises ouvrent des perspectives dans plusieurs secteurs de la santé publique.
Les diplômé·es peuvent rejoindre :
- des équipes de recherche académique,
- des établissements hospitaliers
- des agences de santé (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé [ANSM], la Caisse nationale d’Assurance Maladie [Cnam], Santé publique France [SPF] ou encore la Haute Autorité de Santé [HAS]).
Les CRO (Contract Research Organizations) ou des entreprises privées spécialisées dans l’exploitation des données de santé constituent des débouchés supplémentaires. Une poursuite en doctorat est également possible, au sein de structures de recherche comme EPI-PHARE.
FAQ du cursus Grandes Bases de Données
Est-ce que les étudiant·es travaillent sur de vraies données de santé ?
Non, pour des raisons de confidentialité, la formation utilise des données synthétiques qui reproduisent la structure du SNDS sans contenir d’informations individuelles identifiables.
Combien d’élèves composent la promotion ?
Le cursus Grandes Bases de Données accueille une promotion de six étudiant·es. Le master 2 RSP compte, lui, entre 20 et 30 étudiant·es.
En savoir plus :
- https://ansm.sante.fr/
- https://www.assurance-maladie.ameli.fr/
- https://www.santepubliquefrance.fr/
- https://www.has-sante.fr/