
Dans « Prof de maths », il n’y a pas seulement maths, il y a « prof ». Professeur de mathématiques n’est pas un métier comme un autre – nombreux sont ceux qui, dans leur parcours, ont eu un déclic déterminant, grâce à un enseignant – c’est un métier fondé sur la volonté d’accompagner autrui vers la réussite et sur la certitude d’aller vers une carrière qui a du sens.
Quelles qualités pour enseigner les maths ?
Le professeur de mathématique est souvent au centre des enjeux pédagogiques car sa discipline concerne la quasi-totalité des classes des collèges et des lycées et ce, pour la plupart des orientations possibles.
Plus qu’un hyper spécialiste, il doit donc être un bon généraliste de sa discipline maîtrisant les contenus des programmes, sachant anticiper les difficultés que vont rencontrer les élèves et être capable d’adapter sa pédagogie à la diversité des élèves.
Pierre Pansu – professeur émérite, ancien responsable de la première année du parcours Mathématiques du Master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation) du site d’Orsay – Université Paris-Saclay
Transmettre c’est pouvoir aider les plus fragiles à prendre confiance.
C’est faire comprendre l’intérêt de la discipline et de ses usages concrets à l’ensemble des élèves.
C’est susciter l’envie chez les plus curieux de développer au mieux leurs capacités.
Le « prof de maths » doit – outre cette compétence générale dans sa discipline – acquérir durant sa formation des qualités humaines. Il doit apprendre à susciter l’adhésion, ce qui suppose bienveillance, attention, analyse, voire humour mais aussi autorité, rigueur. Son métier exige de lui une capacité à coopérer au sein d’une équipe pédagogique, ainsi qu’avec les professions représentées dans l’établissement, les parents d’élèves et même des partenaires extérieurs de l’école.
L’un des attraits du métier est qu’il existe différentes manières d’exercer l’enseignement des maths. La diversité est la règle, dans les activités d’apprentissage et d’évaluation dans la classe, autant que dans les publics, les programmes et les contextes. De plus le professeur, s’il s’inscrit dans une équipe pédagogique, conserve toujours, dans sa classe, sa part de liberté.
Comment devenir prof de maths ?
Le parcours commence par une licence de mathématiques. Durant la troisième année de licence, les étudiantes et étudiants suivent des UE de préparation au concours du Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré (CAPES) de mathématiques qu’ils passeront à l’issue de la licence.
Une fois le CAPES obtenu, les étudiantes et étudiants poursuivent leurs études avec le master Métiers de l’Éducation et de l’Enseignement (M2E) – parcours Mathématiques. Il faut noter – c‘est l’une des spécificités et l’un des grands atouts de cette voie – que le master M2E comprend une véritable approche progressive du métier, dans toutes ses facettes, disciplinaire, didactique, pédagogique, ainsi que les autres responsabilités du professeur dans le fonctionnement d’un établissement scolaire.
En première année, les étudiantes et étudiants ont le statut d’élève fonctionnaires. La rémunération s’élève à 1400 € nets par mois et un tiers du temps de formation (12 semaines) est constitué de stages en établissement, accompagnés systématiquement par un tuteur responsable des classes.
La seconde année, les étudiantes et étudiants sont devenus fonctionnaires stagiaires en responsabilité de leurs classes, leur rémunération est passée à 1800 € net par mois et la moitié du temps de formation est constitué de stages.
Une fois diplômés, les fonctionnaires stagiaires sont titularisé·es et s’engagent à servir dans la fonction publique pendant quatre ans.
Celles et ceux qui le souhaitent peuvent également compléter leur parcours par la préparation du concours de l’agrégation.
Les motivations des futurs profs de maths
La carrière de professeur de maths permet, par ailleurs, des évolutions intéressantes vers des missions autres – on peut, par exemple, aller vers la direction d’établissement – mais, Pierre Pansu le dit, « c’est toujours l’envie d’enseigner qui est le moteur principal chez les étudiants, et c’est lorsqu’ils reviennent de stage, qu’ils ont été vraiment en situation devant des élèves, que la motivation est la plus forte ».